Sur la route – Jack Kerouac

, par  lio

Un des plus grand roman de la littérature américaine, un hymne à la liberté individuelle qui nous entraine dans les pérégrinations survoltées de trois jeunes et de leurs potes lors de leurs traversées frénétiques, en bagnole, des Etats Unis dans les années 50.

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Cinglés, drogués, alcooliques, dépravés mais avide de culture avant-gardiste, tant littéraire que musicale. L’extraordinaire personnage de LuAnne, allégorie de la liberté guidant la femme puritaine américaine des années 50 est, avec Neal, le duo clé de ce roman au style aussi unique que déroutant qui n’est pas sans rappelé celui de LF Céline. Ce roman monument fût à l’origine de la Beat Generation et de l’émancipation de la jeunesse américaine de l’après guerre.

Il ne faut pas oublier que ce livre ce présente comme un roman pour cacher qu’il est en réalité un témoignage qui a longtemps été censuré et expurgé par les éditeurs. Il est maintenant disponible dans sa version intégrale et originale (le rouleau original) que je conseille évidement ! Un tourbillon littéraire à lire en musique pour être dans le rythme, pour être dans cette ambiance si particulière de ces quelques années ou la liberté aurait pu l’emporter…

Quelques citations notoires (ou pas) :

Introductions

Près d’un siècle plus tôt, Whitman écrivait dans Démocratie Vistas : « Le parfait individualisme est bien ce qui colore en profondeur l’idée d’agrégat et lui donne tout son relief. » Dans les années cinquante, on a le sentiment que le paradigme s’inverse : c’est l’État qui structure les exigences de l’individu, à la fois à l’intérieur des frontières, où le sacrifice de chacun correspond à l’effort de guerre, et à l’extérieur.

En d’autres termes, dissidence et contradiction sont perçues comme des tumeurs de nature à menacer la souveraineté même de la nation, et donc à galvaniser l’ennemi. L’antidote implicite, c’est l’homogénéité et le consensus, quitte à les imposer.

Moins les gens comprennent les rouages de la culture et de la politique et les liens qu’elles entretiennent, plus il est facile au gouvernement de manipuler son peuple tout en recherchant influence et hégémonie à l’échelle mondiale.

Ainsi William H. Whyte Jr. met en garde contre une société composée de travailleurs des classes moyennes, qui sont « partis de chez eux, matériellement et spirituellement, pour entrer dans le système comme on entre en religion » (The Organization Man, best-seller de 1956).

« Ce ne sont pas les faits qui intéressent les gens, mais les exclamations qu’ils nous arrachent », écrit-il en décembre 1949 dans son Journal. Dans ce sens, ce qui sera jugé authentique, c’est la fidélité de Kerouac à ses réactions et à ses expériences, intérieures et extérieures. »

Sur la route

si bien que mon regard innocent, mon regard de routard, m’a fait voir la folie, la frénésie absolue de cette foire d’empoigne, où des millions et des millions de New-Yorkais se disputent le moindre dollar, une vie à gratter, prendre, donner, soupirer, mourir, tout ça pour un enterrement de première classe dans ces abominables villes-mouroirs, au-delà de Long Island.

Enfin, quoi, où vas-tu comme ça, mec, quo vadis — Quo vadis

L’amertume, les récriminations, les conseils, la morale, le chagrin, c’était derrière lui tout ça, et devant, il n’y avait plus que la joie loqueteuse et extatique de l’être pur.

Ses grands yeux noirs me parcouraient avec une vacuité et un spleen qui remontaient à plusieurs générations

et le monde s’ouvrait à moi, parce que je n’avais aucun rêve.

Références :

JPEG - 243.7 ko Kerouac Jack (2010). Sur la Route - Le Rouleau Original, collection « Du Monde Entier », Gallimard, 512 p., ISBN: 9782070121830, RIS, BibTeX.

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